Notes (bis).

>> jeudi 20 août 2009



Voilà les vivants engagés dans la croisade la plus redondante de toute leur histoire : la croisade pour la vie. C'est l'épopée du Pléonasme. Avec la charité généralisée, l'idéalisme obligatoire, la solidarité sans réplique, les droits de l'homme dans tous les coins et le souci hygiéniste à chaque étage, la passion de survivre est devenue plan de carrière et programme d'existence. Tout le monde se bat dans la même direction. À coups de positivité enthousiaste et de volonté de gagner. C'est même là que ça devient cocasse : le négatif a été si bien ratatiné dans tous les domaines qu'on ne trouve plus de débats qu'entre gens du même avis. Quand on se crêpe le chignon, c'est entre opposants à la drogue et adversaires de la dépénalisation ; entre partisans du cosmopolitisme et ennemis de la xénophobie ; entre éradicateurs du machisme et anéantisseurs du sexisme. On s'engueule entre nuances. C'est la grande rivalité du Même. Le combat du semblable contre son sosie. La cause du Bien a si peu d'adversaires qu'il faudra, dans les années à venir, se résigner à en créer de toutes pièces, des adversaires, et les salarier, si on veut continuer à soutenir l'intérêt. On ne pourra pas éternellement compter sur les Serbes, le Front national et les intégristes à turban. Ils finiront eux aussi par se fatiguer.

[...] Tout le monde est pour la paix. Tellement pour la paix que le pacifisme n'est presque jamais interrogé dans ses fondements, ses contradictions ni ses origines. C'est un pays assez mal exploré parce qu'on croit le connaître. Pour dire les choses autrement, le pacifisme jouit d'une présomption d'évidence (à l'instar de tant d'autres choses, l'antiracisme, la lutte contre l'"exclusion", le rejet des "discriminations"). Dans ces conditions, l'ériger en question, le problématiser, est presque un blasphème. Une incongruité, au moins. Une obscénité. Remonter ses filières, tenter son "archéologie", découvrir les cordes sensibles sur lesquelles il joue, la volonté qu'il exprime, les désirs qu'il satisfait, les illusions qu'il comble et les buts qu'il poursuit serait une espèce d'insulte à l'émotion sacrée dont on le voit détrempé. Qui aurait le cœur assez sec pour regarder froidement une émotion ? Détailler à la loupe une crise de larmes ? Une bouffée de lyrisme ? Qui hésiterait à fondre devant le monde féerique ? Qui hésiterait à fondre devant le monde féerique que nous annoncent les millions de petits hommes (ou femmes) verts qui, de par le globe, stigmatisent en ce moment l'arrogance de la France ? Qui resterait de glace devant ces masses de jeunes de partout, aux bouches toujours un peu entrouvertes pour mieux bêler, aux yeux luisants d'enthousiasme, à la tête bourrée de morale unidimensionnelle, et ne réclament qu'une chose : le bonheur universel ?

Philippe Muray, Rejet de greffe - Exorcismes spirituels I.


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J'ai défilé le 21 avril 2002. J'ai été parmi ces innombrables bonnes âmes occupées à défiler derrière les drapeaux rouges en beuglant des âneries. J'ai participé à la grande parade pour Le Bien Universel Obligatoire Pour Tous Et Pour Toujours, gavé de morale unidimensionnelle et ne réclamant qu'une chose : le bonheur universel.

Contre le nazisme, le fascisme, le racisme, la xénophobie, la crème caramel et le papier qui colle autour des petit-suisses. Contre les méchants, contre la menace, contre le Retour Des Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire. Garde à vous ! No pasaran ! Liberté, liberté chérie !

Quel courage ! Quel homme j'étais alors ! Que nous étions subversifs ! Quel horrible danger planait au-dessus de nos têtes ! Rendez-vous compte, quels risques nous avons pris ! Et "F" comme fascisme et "N" comme nazi ! "Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés" ! Que de slogans spirituels ! Quelle spontanéité dans le bêlement ! Quel esprit !

Le raz de marée de la jeunesse festive et citoyenne contre le fantôme du patriarcat. La fougue et l'énergie de l'inculture contre un pépé réac' aussi prévisible qu'inoffensif. Des millions d'adolescents braillards et manipulés contre quelques petits vieux terrorisés. Contre quelques sous-chiens. Héroïque tableau. Grandeur et décadence de la Cause. Sympa Pride !

Mêêêeh !

Heureusement que le ridicule ne tue plus : personne n'aurait eu son bac, cette année-là. Les statisticiens de l'Education Nationale en auraient fait un infarctus.

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"Les sentinelles de l'antifascisme sont la maladie de l'Europe décadente. Ils me font penser à cette phrase de Rousseau persiflant les cosmopolites, ces amoureux du genre humain qui ignorent ou détestent leurs voisins de palier. La passion trépidante de l'humanité et le mépris des gens sont le terreau des persécutions à venir. Votre ami Alain de Benoist a commencé d'écrire de bonnes choses là-dessus. Dites-le-lui, il faut aller dans ce sens : la contrition pathologique de nos élites brouille ce qui fut la clé du génie européen ; cette capacité à se mettre toujours en question, à décentrer le jugement. Ceux qui nous fabriquent une mémoire d'oppresseurs sont en fait des narcissiques. Ils n'ont qu'un souci : fortifier leur image de pénitents sublimes et de justiciers infaillibles en badigeonnant l'histoire de l'Europe aux couleurs de l'abjection. Regardez ce qu'écrit Bernard-Henri Lévy sur Emmanuel Mounier... C'est un analphabète malfaisant. En 1942, j'étais avec Mounier à Lyon... en prison ! En épousant l'universel, ils s'exhaussent du lot commun ; ils se constituent en aristocratie du Bien... L'universel devient la nouvelle légitimité de l'oligarchie !"

Julien Freund à Pierre Bérard, conversation.


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Lui : Moi, j'ai jamais cru à ces conneries. J'étais dans un lycée professionnel, dans la banlieue parisienne. Tu me feras jamais gober ces histoires de tolérance et de métissage.

Moi : Ah ?

Lui : J'ai passé trois ans à me battre. Même le jour de la rentrée, je me suis battu. Y'avait que deux blancs dans ma classe. Moi et un autre. L'autre était un souffre-douleur, persécuté par tous les noirs et les arabes du bahut. Il devait y avoir moins de 10% de blancs dans tout le lycée. Ceux qui avaient assez de tripes devenaient skinheads et tentaient de faire leur trou comme ça. Moi, je ne suis pas devenu skinhead. J'ai fini par rejoindre une bande d'arabes. J'en suis pas fier. Je me battais bien, alors certains me voulaient de leur côté. Mais pas tous. Y'en a beaucoup qui ne voulaient pas de moi.

Moi : Je vois.

Lui : Les renois d'un côté, les rebeus de l'autre. Au milieu, noyés dans la masse, quelques blancs, quelques asiatiques, à peine autorisés à exister. Tu comprends, moi, après tout ça, je vais pas voter Royal. C'est bon pour les trous du cul. Les rebeus et les renois, ils portent leurs couilles. Nous on a plus le droit, mais eux n'en ont rien à foutre. Nous on doit s'excuser pour l'esclavage, la colonisation et compagnie. Et leur filer nos filles en prime. C'est moche à dire, mec, mais l'idée que ma fille pourrait finir avec un arabe ne me plait pas du tout. J'ai assez payé pour savoir comment ils gardent les leurs. Y'a pas de métissage, y'a les mecs qui s'imposent et ceux qui la ferment. Ceux qui la ferment finissent par crever. C'est tout.

Moi : Ça te dérange si j'écris ça quelque part ?

Lui : Quel intérêt ?

Moi : Un témoignage comme un autre. Ça vaut ce que ça vaut. Personne ne le lira, de toute façon, qu'est-ce que ça peut te foutre ?

Lui : C'est vrai. Tiens, tant qu'à pousser, moi je les côtoie tous, ces mecs, depuis que j'suis gosse. Avec X, on les connaît. Certains sont devenus nos potes, mais c'est rare. Un ou deux potes arabes, un pote noir. Les autres sont complètement cons. Irrécupérables.

Moi : Y'en a bien quelques uns de bien, dans le lot, non ? T'exagères pas un tout petit peu ?

Lui : Mec, le seul renoi de la cité qui a trouvé du boulot est considéré comme un traître. Ses anciens potes caillassent sa bagnole dès qu'elle passe. Y'a plus que nous pour l'inviter à boire un coup. Je peux même te dire que ce gars-là, son père lui a dit les yeux dans les yeux "Toi et tes frères, vous êtes nés pour les allocs. Pour acheter une belle maison au bled". Famille nombreuse. C'est lui-même qui me l'a dit.

Moi : Ça, je vais l'écrire aussi, si tu permets. C'est trop vrai pour être beau.

Lui : T'en as des milliers comme ça. Écoute, moi aussi au début je croyais que ce genre de truc, c'était des blagues de blancs racistes. Mais putain, c'est juste la vérité. C'est ma vie. Je baigne là-dedans depuis que j'suis gosse, c'est tout.

Moi : T'en es sorti maintenant.

Lui : Ouais, le Québec, c'est pas pareil. La France c'est foutu, je sais pas comment ça finira, mais je suis sûr que ça va partir en couille. Le Québec...

Moi : En même temps, tu sais, le Québec ces dernières années... T'as déjà entendu parler des accommodements raisonnables ?

Lui : Ouais, c'est vrai. Ici, on a quinze ans de retard sur la France, en fait...

Moi : Possible.

Lui : Putain, je vais faire quinze gosses et leur apprendre le free-fight.

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La substitution démographique est l'un des thèmes les plus rebattus sur ce modeste blog. À tous égards, c'est l'une des données majeures de ce début de siècle, l'une des rares, peut-être, qui permette de décrypter les bizarreries post-politiques auxquelles nous sommes soumis. L'Europe entière commence tout juste à faire face à un phénomène absolument inédit dans son histoire : l'installation massive sur son sol de populations étrangères désarmées, globalement pacifiques, super-prolifiques et en inadéquation culturelle quasi-totale avec les peuples supposés les accueillir sans rechigner. Ces peuples - les plus anciennement installés sur ce territoire, c'est à dire "les nôtres" - ont vu leurs taux de natalité se stabiliser très logiquement suite à une hausse conséquente du niveau de vie. Les conséquences de ce chassé-croisé sont évidentes : les derniers arrivés vont, en l'espace de quelques décennies seulement, prendre le pas sur les premiers, pourtant installés là depuis des siècles.

Bref. Nous connaissions les déclarations de Boumédienne, ancien président algérien, en 1974 : "Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire." Celles de Kadhafi, actuel dirigeant libyen, en 2006 : "Le monde entier doit devenir musulman. Aujourd'hui, ici à Tombouctou, nous rectifions l'histoire. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu'Allah nous accordera une grande victoire en Europe: sans épées, sans fusil, sans conquêtes. Les 50 millions de musulmans d'Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l'Union européenne. Il y aura 100 millions de musulmans en Europe. L'Europe subit notre prosélytisme, tout comme l'Amérique. Elle a le choix entre devenir musulmane ou déclarer la guerre aux musulmans." Celles d'Erdogan, premier ministre turque : "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats."

Nous connaissions la plupart des opinions des grands leaders du monde musulman au sujet de l'Europe.

Mais c'est bien la première fois, à ma connaissance, qu'un leader musulman européen fait une déclaration de ce genre, avec autant de franchise. Monsieur Shahid Malik est un député britannique. Travailliste, bien entendu (le PS local, pour faire vite). Ancien secrétaire d’Etat à la Justice et actuel secrétaire d’Etat aux Communautés et au Gouvernement local. Ce n'est donc pas vraiment un obscur imam qui ne représenterait que lui-même. Ce n'est pas non plus un jeune discriminé issu des quartchés.

Le document date d'octobre 2008 (félicitations à ceux qui l'ont déniché et traduit). Étrangement, il n'a pas été relayé. On se demande bien pourquoi :



Voilà. C'est tout. C'est aussi simple que ça. Des peuples vont mourir, d'autres vont prendre leur place. Le pouvoir changera de mains. Pas de combat. Pas d'héroïsme. Pas de résistance. Seulement la démographie. Les ventres. La base de la base, le b.a.-ba.

Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. Ou que c'est un fantasme d'estrême-drouââââte lepenistonaziste. Vous ne pourrez pas non plus vous plaindre parce que votre liberté part en lambeaux. Parce qu'on ne peut plus boire d'alcool ou bouffer du cochon. Qu'on ne peut plus chanter, peindre ou écrire. Qu'on ne peut plus se promener dans la rue en mini-jupe sans risquer de gros ennuis. Qu'on ne peut plus se promener tout court sans devoir baisser les yeux, pour les moins bien lotis.

Vous ne pourrez pas vous plaindre parce que - pour paraphraser un peu aléatoirement Renaud Camus et son ouvrage Le Communisme du XXIème siècle - "des pans entiers de la connaissance, de la culture et du savoir accumulé de l'espèce seront récusés, mis à bas et enterrés. Parce que des pans entiers de l'expérience, de l'actualité bien sûr, mais plus directement de l'expérience quotidienne de vivre, de bouger, d'habiter la ville, d'éprouver ce qui arrive quand on descend dans la rue, quand on prend l'autobus, le métro ou le train, des pans entiers du temps, des pans entiers du regard, des pans entiers de la tactilité d'exister auront disparu, et qu'on affirmera, très tranquillement (et, ajouterais-je, pour ne pas déplaire à nos nouveaux maîtres) qu'ils n'ont simplement jamais existé".

Vous ne pourrez pas non plus pleurnicher parce qu'un jour des désespérés décideront que non, vraiment, on ne peut pas laisser faire ça.

Enfin, il faut bien noter que ce député ne parle même pas de diversité ou de multiculturalisme. Non, non. Il parle de prendre le pouvoir. Purement et simplement. Sans même prendre la peine de noyer le poisson avec les habituels discours métissolâtres. Les choses sont dites crument. Le projet est annoncé. C'est officiel. C'est presque déjà fait, et avec le plus grand naturel du monde.

Car, nous dit à nouveau Renaud Camus, "nous avons cessé d'accueillir des individus, nous nous sommes mêlés de recevoir des peuples ; et cela d'un cœur d'autant plus léger qu'un peuple, on ne savait plus trop, ni ne voulait-on savoir, Hitler aidant, ce que cela voulait dire (mais lui oui). Et ces peuples à présent parmi nous, ils continuent, avec une innocente obstination de peuples (parfois un peu nocente, tout de même), à se ressembler à eux-mêmes, bien plus étroitement en tous cas qu'ils ne ressemblent à ce qui fût le nôtre. De ceci ni de cela ils ne paraissent éprouver grand regret, d'ailleurs. Ils n'ont pas lu Adolf Hitler, même à l'envers" (ndr : ils n'ont pas la crainte du retour du nazisme, ce spectre malveillant dont ils n'ont que faire et qui hante les seules consciences occidentales).

Ne manquons pas non plus de remarquer le sourire goguenard du député quand il dit "au cas ou il y aurait des journalistes ici, qu'ils sachent que ce [ndr : l'islamisation totale de l'Angleterre donc] n'est pas mon objectif". Le foutage de gueule à son paroxysme.

Bref, je ne sais pas s'il est arrivé une seule fois dans l'histoire qu'un grand peuple se soit laissé remplacer aussi facilement. Sans se poser la moindre question. En riant. En se félicitant pour sa tolérance.

Nous sommes minables.

***

Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.

Winston Churchill.

***

Cette récente affaire de bataille rangée entre chinois et algériens dans le quartier est d'Alger, et les déclarations toutes plus xénophobes (sic) les unes que les autres qui s'en suivirent, nous donne une assez bonne idée de ce qu'on serait tenté d'appeler le retour du réel. En pleine poire.

"Depuis leur arrivée, leur présence est nuisible à cause de leur comportement. Ils boivent de l'alcool et de la bière, jouent aux cartes la nuit dehors et sont habillés en caleçon devant les riverains, c'est indécent", confie la victime, rouée de coups par cinquante chinois venus venger l'un des leurs. "Nous, nous ne voulons plus d'eux ici, ils n'ont qu'à retourner chez eux, en Chine", lance-t-il, devant une dizaine de voisins qui approuvent.

"Oui, nous voulons qu'ils partent, nous voulons la paix. Nous n'arrivons plus à vivre, nous avons perdu toute décence. J'en suis venu à teinter les vitres de ma maison. Ils se promènent nus avec leurs femmes en buvant de l'alcool. Ces attitudes sont intolérables dans notre pays", nous dit le frère de la victime.

"Les Chinois ont abusé de la gentillesse des Algériens. On les a accepté malgré leurs défauts, aujourd'hui ils nous agressent chez nous", confie Mounir, un proche du blessé.

"On ne peut pas vivre avec eux. Ils boivent de l’alcool et ne respectent pas notre religion. Ils doivent s’en aller", commente un commerçant voisin.

On nous apprend ensuite que l'ambassadeur chinois a demandé à ses compatriotes de respecter les coutumes locales, et qu'Al-Qaeda Maghreb a menacé la communauté chinoise de sanglantes représailles.

Quelques questions viennent alors immédiatement à l'esprit : la Halde, le MRAP et SOS Racisme n'ont-ils pas de succursales algériennes ? N'y-a-t-il personne pour traîner devant les tribunaux ces petits commerçants racistes et intolérants ? Quel bienveillant mécène de gôche s'épanchera télévisuellement sur les malheurs des immigrés chinois, avant de fonder SOS Chinois En Danger ? Qu'attendent les Indigènes de la République Islamique pour exprimer leur solidarité avec les chinois discriminés par les méchants sous-chiens algériens ? N'est-il d'ailleurs pas temps de dénationaliser l'histoire algérienne ?

On me souffle que non. On me murmure que les Algériens n'en ont rien à branler du vivre-ensemble et du métissage culturel. Que si on les ennuie, ils se défendent. Qu'ils sont même capables de virer un million d'infidèles à coups de pompes dans le cul en hurlant "La valise ou le cercueil". Pareil pour les Chinois venus trimer en silence pour quelques malheureux euros par jour. Même à des milliers de kilomètres de chez eux, ils en veulent. La greffe ne prend pas. Les uns et les autres ont flairé l'arnaque. Ah, laideur de la mécanique mondialiste.

On me souffle également qu'il n'y a pas de SOS Racisme qui tienne, et je crois entendre une voix délicieusement barbue crier : On est pas des faiblards d'Européens, nous ! On sait défendre nos terres et nos femmes ! Dites donc, ce n'est pas très tolérant, comme comportement, les mecs... Ta gueule, pédé de françaoui ! Bon, bon, j'ai rien dit, vous énervez pas les petits gars.

Ici, à nouveau, et fort à propos je crois, il me faut citer Renaud Camus (toujours dans le même ouvrage) : "Ce que je sais [...] avec certitude, c'est qu'une culture vivante, au sens plein du terme, ne se serait jamais accommodée du triomphe de l'antiracisme, au sens et dans la consistance qu'il a revêtus parmi nous. Un peuple qui sait qui il est - disons "qui connait ses classiques" -, pour aller vite -, un tel peuple n'accepte pas de mourir parce qu'on le lui demande, ne consent pas à disparaitre pour renaitre vidé de lui-même, ne se résigne pas sans résistance à se fondre dans une masse violente, certes, mais officiellement indifférenciée, qui de lui ne conserve un moment que le nom, et ce n'est qu'une humiliation de plus. Un peuple qui sait sa langue, qui connait sa littérature, qui se souvient de sa civilisation et qui garde en son sein une classe cultivée, des élites (mais certes pas la pitoyable acception que les nouveaux maîtres ont donné à ce mot), un tel peuple ne se laisse pas mener à l'abattoir sans se révolter, ni pousser vers les poubelles de l'histoire en remerciant les éboueurs ; ni même ne se laisse-t-il expliquer sans broncher qu'il n'est pas un peuple, et qu'il n'en a jamais été [...]".

Même sur l'hilarant Mejliss (le site des modérés qui souhaitent conquérir le monde façon Minus et Cortex) on se déchire entre musulmans français partisans de chasser du bled tous ces enculés de niakoués, parce que faut pas déconner, on va quand même pas laisser notre pays se faire envahir par des bouffeurs de riz, et musulmans français partisans de comprendre et tolérer ces mœurs étrangères qui enrichissent si bien la terre algérienne, cela en vue de construire un formidable pays multiculturel, métissé et pacifié (on note ici la marque de fabrique de l'incroyable naïveté franco-républicaine).

Enfin, comme dirait le camarade Temps à venir : "Ne pas respecter la religion et la culture du pays d’accueil, provoquer ses hôtes par des tenues exotiques, c’est effectivement intolérable. Je suis outré. Je comprends, cher Abdelkrim, que vous souhaitiez qu’ils partent. Et en plus, ils ont le culot de vous attaquer chez vous.

A-t-on jamais vu pareil comportement ? Vraiment, de nos jours…"

***

Il n'y a que 367 burkas en France. C'est officiel.

...

...

...

Hahahahaha ! Houhouhou ! Hihihi !

Merci pour cette bonne tranche, les copains.

Soyons sérieux deux minutes à présent, lisons ceci.

***

Me revient en mémoire une récente conversation avec une mienne connaissance, qui se trouve être à la fois musulmane, jeune et issue des quartchés (et avec laquelle je suis en excellents termes, au cas où vous en douteriez), au sujet de l'inévitable Dieudonné ainsi que des Yaya et des sociologues chauves, frontistes et pro-palestiniens qui gravitent autour.

Il serait fastidieux et bien ennuyeux de relater précisément le contenu de ce dialogue. Pour faire, vite, je dirais que la chose la plus intéressante à noter est que nous avons évolué lui et moi de façon opposée.

Il y a cinq ans encore, j'étais un jeune blanc naïf, athée, universaliste, laïc et républicain. Lui était un jeune musulman communautariste plus ou moins apolitique, croyant et moyennement pratiquant.

Aujourd'hui je tiens ce blog, et lui a voté antisioniste avec conviction.

Il m'est apparu qu'à mesure que je perdais confiance en la République telle qu'elle se présente à nos yeux aujourd'hui, lui semblait commencer à s'apercevoir de tous les bienfaits qu'elle lui avait prodigués jusque là, et qu'elle lui prodiguerait dans l'avenir. Tandis que je prenais connaissance du contenu du rapport Obin, lui commençait à enchaîner les conférences d'Alain Soral.

Pour le dire avec plus de franchise, je commençais à comprendre que la République trahissait mes intérêts objectifs en même temps qu'il comprenait qu'elle servait les siens.

Ainsi avons-nous illustré malgré nous, en toute tranquillité, la thèse du soulèvement des jeunes mâles blancs chère à Alain Minc (qui n'est pas particulièrement réputé pour ses positions droitières) : à mesure que le jeune blanc comprend qu'il faut que quelqu'un soit sacrifié pour que se réalise le Nouveau Monde Obamesque (diversifié, métissé, christianophobe, patriarcophobe-et-féminisé-sauf-pour-les-musulmans/affiliés, etc) et que ce quelqu'un, c'est lui, il commence à douter sérieusement.

Parallèlement, à mesure que le jeune musulman/divers/issu de la diversité comprend qu'il incarne la nouvelle idole, le pivot de ce Nouveau Monde, l'exotique, l'étranger-français-malgré-tout-et-même-plus-français-que-toi, le type dont on soigne l'égo à longueur de journée, à qui tous les médias servent la soupe, il lui devient plus facile de placer sa confiance dans le système qu'il méprisait quelques années auparavant (et qu'il méprise toujours, bien sûr, mais plus pour les mêmes raisons, et c'est bien là le centre de l'affaire).

Assez comiquement, c'est à moi que revint donc la joie - ô combien futile j'en conviens - de lui annoncer, un brin provocateur, "Le peuple palestinien, j'en ai rien à branler. C'est pas mon peuple. Je pense d'abord à l'intérêt des miens", alors que lui me récitait le parfait vadémécum de l'idéaliste proto-soralien et pro-palestinien "Ah mais oui, mais quand même, ce que font les israéliens, c'est mal, des chars contre des pierres, c'est du colonialisme, et puis le CRIF, c'est franchement pas républicain. Et puis la loi Gayssot, et tout".

"-Et un CRIF musulman, alors ?

-Je crois que je le soutiendrais. Ouais, sans doute.

-Ok. Dis voir, ce que tu appelles des colonies, ce sont ces populations israéliennes qui s'implantent sur les terres palestiniennes pour occuper le terrain ?

-Ouais.

-Et ça légitime une réaction armée de la part des palestiniens spoliés ?

-Ouais.

-Tu sous-entends donc qu'un peuple qui voit s'installer, malgré lui, des populations étrangères et nombreuses sur sa terre ancestrale aurait toute légitimité à refuser cette installation, quitte à exprimer ce rejet par la violence ?

-Par exemple, ouais. C'est ce qu'on appelle la guerre. Protéger son territoire et sa culture des intrusions extérieures.

-Ah. Bien, bien."

Trois heures durant. Très instructif.

***

Les grandes déclarations des droits de l'homme ont, elles aussi, cette force et cette faiblesse d'énoncer un idéal trop souvent oublieux du fait que l'homme ne réalise pas sa nature dans une humanité abstraite, mais dans des cultures traditionnelles où les changements des plus révolutionnaires laissent subsister des pans entiers et s'expliquent eux-mêmes en fonction d'une situation strictement définie dans le temps et l'espace. Pris entre la double tentation de condamner des expériences qui le heurtent affectivement, et de nier des différences qu'il ne comprend pas intellectuellement, l'homme moderne s'est livré à cent spéculations philosophiques et sociologiques pour rétablir de vains compromis entre ces pôles contradictoires, et rendre compte de la diversité des cultures tout en cherchant à supprimer ce qu'elle conserve pour lui de scandaleux et de choquant.

Claude Lévi-Strauss, Race et histoire.


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En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables ; car s'ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c'est plus grave) incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui [...].

Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons: je retrouve en lui l’univers d’où je viens; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française.

Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le mêmes esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons. Comme l’Islam est resté figé dans sa contemplation d’une société qui fut réelle il y a sept siècles, et pour trancher les problèmes de laquelle il conçut alors des solutions efficaces, nous n’arrivons plus à penser hors des cadres d’une époque révolue depuis un siècle et demi, qui fut celle où nous sûmes nous accorder à l’histoire; et encore trop brièvement, car Napoléon, ce Mahomet de l’Occident, a échoué là où a réussi l’autre. Parallèlement au monde islamique, la France de la Révolution subit le destin réservé aux révolutionnaires repentis, qui est de devenir les conservateurs nostalgiques de l’état des choses par rapport auquel ils se situèrent une fois dans le sens du mouvement.

Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques.


Pour comprendre ce(s) texte(s), nous dit XP d'Ilys, il convient de garder à l’esprit que l’islam à proprement parler n’en est aucunement le sujet, qu’il est d’ailleurs antérieur à l’immigration de masse de musulmans en Europe et qu’il n’évoque pas la possibilité qu’elle se produise un jour. En revanche, il peut rétrospectivement nous éclairer sur les raisons de notre faiblesse vis à vis de lui (ndr : l'islam). Tant de siècles après leurs avènements, l’islam et le christianisme désignent avant tout des structures mentales au regard desquelles les croyances ou les pratiques religieuses ne sont finalement pas grand chose, et ces lignes de Lévi-Strauss nous enseignent que nous sommes d’une certaine manière devenus Musulmans bien avant qu’il y en ait parmi nous.

Il y a des choses importantes à écrire au sujet de ces mots de CLS. Des choses beaucoup plus importantes que tout ce qu'il y a dans ce trop long billet. Des choses qui ont trait aux dispositions de l'esprit héritées de l'histoire. À une certaine forme de transcendance culturelle. À la nécessité d'un renouveau intellectuel. Il est question de ces armes conceptuelles que nous avons perdues, alors qu'elle faisaient notre force. Quand nous étions capables de décentrer notre jugement plutôt que de nous en remettre à la fatalité. Quand nous étions capables de nous botter les fesses pour remonter en selle, plutôt que de laisser pourrir nos mômes dans les hornières du temps.

Ce sera pour une prochaine fois. Pour le moment, je fais confiance à la sagacité de mes lecteurs. Je dois, de mon côté, y penser plus longuement.

***

Une jeune femme, c'est assez rare pour être souligné, a décidé d'entrer dans la danse. Ou d'en sortir, ça dépend du point de vue. Son pseudonyme m'a, bêtement, bien fait marrer.

***

On peut - il faut, au-delà des sarcasmes faciles auxquels il est toujours loisible de s'adonner - continuer à dépolir, à extraire, à analyser et à triturer inlassablement toutes les scories du sens que le Spectacle laisse émerger de la bouillie idéologique qui fait office de pensée dominante dans notre pays. C'est une tâche ingrate, fastidieuse, et de l'avis de beaucoup, inutile. Fussions-nous des milliers, le flot de l'actualité l'emporterait tout de même. Qu'importe.

Il est bien évident que mon apparente monomanie concernant le fait islamique n'est que le penchant négatif de l'épaisse propagande auto-célébratrice de l'époque. L'islam, et les gens qui le portent, sont l'incarnation de la réapparition du réel au beau milieu de notre wishful thinking mollement démocratique et faussement pacifié. Un écart de parcours, une zébrure au beau milieu du programme d'apaisement définitif des consciences occidentales. Un surgissement de sens qui met fin subitement à l'éloge des occidentaux par eux-mêmes, et leur rappelle à leurs dépends que le monde n'est pas fait d'individus pouvant vivre ensemble dans la plus horizontale des égalités, mais bien de groupes d'hommes tendant à prendre le pas sur les autres groupes au sein de rapports de forces plus ou moins brutaux, plus ou moins subtils, plus ou moins assumés comme tels selon l'époque et le lieu.

Il y a, bien sûr, maints autres domaines à explorer, mais c'est pourtant le fait islamique, et à travers lui la question migratoire, qui s'impose de la façon la plus évidente partout autour de nous, puisqu'il pose en termes clairs la question de notre survie à long terme en tant que peuple distinct porteur d'une culture distincte.

Voilà 40ans que le dragon médiatique nettoie les cervelles au nom de l'amour, de la tolérance et du pacifisme le plus niais. À tel point que nous n'avons même plus besoin d'éminences grises pour modeler nos pensées, puisque nous vivons le temps de la reprogrammation conceptuelle permanente du Spectacle par le Spectacle et des individus par eux-mêmes. Nous avons appris à laver nos propres cerveaux sans l'aide de personne. Nous avons appris à penser précisément ce qui est attendu, au moment où c'est attendu. À voter convenablement. Et à la mettre en veilleuse, consciencieusement, au cas ou les évidences se feraient trop pressantes à nos yeux. À nos vilains yeux, toujours réactionnaires.

Si la question islamique est si fréquemment évoquée sur la réacosphère, c'est parce qu'elle symbolise à elle seule cet espèce de carrefour du pire où se croisent renoncement, lâcheté politique, aveuglement dogmatique, esprit munichois et déclin civilisationnel. La question islamique, c'est une synthèse.

En évoquant l'amoncellement de faits divers ubuesques, en explorant l'absurde inanité du propos journalistique de base, en nous inquiétant des revers que subiront les nôtres à cause du bouleversement démographique à venir, nous autres, dérisoires et anonymes blogueurs, ne faisons que réintroduire du réel. Très imparfaitement, bien sûr, et très grossièrement. Mais c'est ce que nous faisons, en tâchant d'échapper autant que faire se peut à la dissonance cognitive qui handicape l'esprit de nos contemporains.

C'est cela qui nous est reproché par nos pas toujours très aimables lecteurs. Le politique, le conflit, les antagonismes, le négatif, la contradiction, le réel donc, ayant été chassés du débat public, la survivance de quelques îlots de mauvais esprit, même virtuels, semble à certains le comble de l'offense.

Comment donc, il existe encore des gens comme ça ?! Des gens comme ça, c'est à dire des esprits non encore convertis à la Religion des Droits de l'Homme Dans Tous Les Coins, des questionneurs, des ergoteurs, des curieux, des râleurs, des malpensants, bref, des vivants. En dépit de la propagande Spectaculaire, en dépit des procès d'intentions institutionnalisés et malgré l'incroyable entreprise de décervelage massif, de destruction du langage, de destruction du sens, de destruction de la civilisation même, de son épaisseur de temps, de sa culture et de son être au monde, il demeure des hommes (et des femmes, ne soyons pas chiens) qui lisent, qui écrivent, et qui, à leur modeste façon, tentent de passer un coup de chiffon sur les cul-de-bouteilles idéologiques fixés à leur cloison nasale.

Le retour en force de l'islam, l'immigration de peuplement, la défrancisation, le réensauvagement de l'espèce, et tous les autres thèmes que j'aborde ici avec plus ou moins de bonheur, sont des thèmes importants, sans doute. Et qui me préoccupent, assurément (on le serait à moins, je le crains). Mais ce sont aussi des thèmes comiques. Nous vivons sans nul doute une époque comique. La tartufferie érigée en mode de vie ne peut manquer d'être comique.

Il arrive, par exemple, qu'on ait l'occasion de montrer telle ou telle vidéo, de faire lire tel ou tel ouvrage à un bienpensant au cerveau reprogrammé pour les besoins du système : n'est-il alors pas amusant de voir son front se plisser, ses petits yeux aller d'un côté à l'autre, cherchant une issue, une explication conforme, quelque chose qui expliquerait que ce qu'il vient de voir, ou de lire, n'existe pas, ne peut pas exister ? Souvent, bien sûr, un hochement de tête dénégateur et un braiment conformiste du style "C'est sôôôôôôôôôciaaaal..." ou "Pââââs d'âââmâââlgââââmmes..." suffisent à apaiser l'esprit du bienpensant. Fascinant réflexe, évoqué plus haut, consistant à reconditionner instantanément sa pensée de façon à faire coïncider le politiquement correct avec le réel dégradé, amoindri, détruit, déréalisé. Comme transformer sa propre cervelle en poste de télévision.

Oui, on peut éprouver légitimement quelque plaisir à constater chaque jour que le pire est toujours certain. On peut éprouver quelque plaisir à constater que les habituels dénégateurs, les politiques, les journalistes, les médiatiques (et tous leurs rejetons, Sciences-Po, jeunes UMPS et compagnie), bref, la classe parlante, ne manquent jamais une occasion de s'humilier en tentant d'expliquer publiquement que ce qui se voit ne peut pas être vu, que ce qui s'entend ne peut pas être entendu, que ce qui se pense ne peut pas être pensé.

Confer les 367 burqas. Confer l'affaire du burqini à la piscine. Confer la nouvelle affaire du môme mort en mini-moto et les émeutes qui s'en suivirent. Confer le môme mort en jet-ski. Confer le préfet destitué par Hortefeux et poursuivi en justice par le MRAP ("Mouvement Pour le Rapprochement entre les Peuples", rebaptisé obligeamment par Guy Konopnicki du nom de "Mouvement pour le Respect d'Allah et du Prophète"), par SOS Racisme, le CRAN et tous les autres, pour injures raciales. Confer ces récentes affaires de milices montées par des gens fatigués par les exactions commises contre eux par des bandes de jeunes désœuvrés. Confer la circoncision remboursée par la sécurité sociale. Confer la surmultiplication des agressions de la petite délinquance, cette violence qui émane de branleurs TonyMontanesques écervelés qui passent du jour au lendemain du petit deal de merde au braquage avec armes à feu (j'ai été indirectement témoin de ça au cours d'une audience en assises : j'ai entendu la lassitude dans la voix d'un juge alors qu'il expliquait aux jurés qu'en 30ans de carrière jamais il n'avait vu autant de jeunes aussi irresponsables que pendant ces dernières années). Confer, et j'en termine avec cette brève énumération, cette dramatique (et ridicule) affaire Clothilde Reiss, prototype de la jeune occidentale naïve contrainte de séjourner dans les geôles iraniennes alors qu'elle était partie "pour découvrir le pays et aller à la rencontre des gens", dixit l'un de ses professeurs (on écoutera, à ce sujet, cette jolie chanson, ô combien pertinente).

On peut finalement éprouver quelque plaisir, bien que ce soit très mal, bien sûr, à constater que chaque jour apporte la preuve que le projet du Nouveau Monde Obamesque, Antiraciste, Transnational et Multiculturel est une vaste supercherie - doux euphémisme -, visant à anesthésier des millions d'esprits déjà bien amoindris par quarante années de stato-gauchisme post-soixante-huitard (entre autres choses, et je ne parle que pour la seule France). C'est ici, d'ailleurs, peut-être, que la littérature de Science-Fiction prend toute sa place, car les avertissements qu'elle nous adresse sont certainement plus pertinents que les contes à dormir debout des sociologues de l'EHESS.

"Il faut se méfier des mots sans histoire", nous dit, une nouvelle fois, le regretté Muray. "Ils n'existent que pour liquider les histoires individuelles, ramener les êtres concrets à des schémas simples, facilement nivelables et vite encadrables". Métissage, diversité, lien social, transparence, discrimination positive, égalité des chances, quartiers sensibles : des mots dépourvus d'histoire. Des vocables dont le sens n'est jamais précisément défini. Des mots dérobés, déformés, trahis, mutilés, récupérés, découpés, recollés. Quand il ne s'agit pas tout simplement de mots-concepts ubuesques empruntés à des cerveaux malades du CNRS aux idées tout droit sorties de 1984. Il n'empêche : on les entend et on les lit partout, tout le temps. Tout le monde les vend et/ou les vante. "Rien ne vaut la diversité", proclame RFM cinquante fois par jour, alors que cette station diffuse en boucle une liste restreinte à quinze ou vingt morceaux datant des années 80.

Tous les grands systèmes propagandistes inventent des mots supposés porter leur idéologie. Des mots dont le rôle consiste à calibrer la pensée, à en limiter l'usage, à la borner de façon à empêcher la naissance de la contestation. Paradoxe amusant, là-aussi, puisque nous évoluons au sein d'une société qui se prétend fondée sur la contestation et la transgression tous azimuts ("il est interdit d'interdire"), de façon à garantir une liberté d'expression totale à tout un chacun. Une liberté d'expression qui, comme chacun sait, se rétrécit comme peau de chagrin dès qu'il s'agit d'entendre ou de faire entendre des opinions qui déplaisent à la classe parlante et à ses petits soldats. "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté". "Tout anticommuniste est un chien". On connaît la chanson...

Ne sont libres de s'indigner, en somme, que les rebellocrates (Muray toujours) - acteurs, chanteurs, cinéastes, amuseurs publics et sportifs pour les uns, patrons de presse, présentateurs télé et dirigeants d'associations pour les autres -, cette aristocratie médiatique aux indignations calibrées par la bêtise, l'inculture, la lâcheté, le déni de réel et, souvent, la haine de soi. Les mutins et les matons de Panurge réunis. Les rebelles en toc alliés aux flics de la pensée. Les béats de la rive gauche en mission, comme disait Desproges.

Las, et puisqu'il faut conclure, disons que le système antiraciste moderne - qui a ses icônes, ses chants, son clergé et ses bannières - a réussi ce que ni les soviétiques ni les nazis n'étaient parvenus à accomplir : installer des barrières jusque dans l'esprit des gens, leur faire aimer ces barrières, les contraignant à redouter instinctivement toute amorce de pensée déviante, assimilée immédiatement à un passage à l'acte criminel. La problématisation considérée comme un blasphème. Le cauchemar orwellien réalisé : nous aimons Big Brother.

Le court-termisme aura notre peau. Nos maîtres souhaitent que nous allions sans passé, sans histoire, sans lettres et sans esprit. Après eux, le déluge. Ils disent qu'ils s'occupent de notre avenir. Qu'ils ont tout prévu. Que c'est inéluctable : la preuve, tout est là, écrit sur leur papier, ça ne peut pas rater. Un homme = un homme = un homme = un homme = un homme = un homme, à l'infini. Machines organiques déracinées, incultes, interchangeables et brutales.

Reste à déterminer ce que chacun peut faire à son niveau. En premier lieu, je crois qu'il faut se forger une solide culture. Européenne d'abord, mais pas exclusivement. Histoire de ne pas tout avaler. Histoire d'avoir conscience de ce qu'on a reçu. Rester réactif, ne pas se laisser enfermer. Ensuite il faut transmettre. Pas seulement à ses enfants. À tous ceux qui voudront. Penser la continuité. Songer au renouveau. Penser à apporter sa pierre, modestement. Et pour ceux que ça tente, prendre un abonnement dans un club de tir. On ne sait jamais. Parait que ça détend.

***

Félicitations si vous êtes arrivé jusque là.

56 commentaires:

Jean 20 août 2009 05:33  

Dans la même veine vous auriez pu citer ceci.

PS: Votre style ressemble de plus en plus à celui de Xyr.

Jean-Pierre 20 août 2009 05:34  

(le précédent message était de moi, j'ai fait une fausse manip)

Marie-Thérèse Bouchard 20 août 2009 08:45  

J'attends tous les jours avec autant d'impatience le Hank Nouveau. J'adore vous lire, vous êtes un des meilleurs à mon goût. Votre style est percutant, juste, sobre et intelligent. Merci d'être là.

isha 20 août 2009 09:28  

Foutre !

Chez vous, les billets, ce n'est pas pas une petite piquette quotidienne, mais un grand cru mensuel .
( et pour continuer dans la déférence obséquieuse, une petite pipe ? )

Harry Cover 20 août 2009 10:18  

Chouette article.
La classe parlante n'a pas fini de sévir mais au moins on a notre radio Londres maintenant, avec internet.

Sinon, vous n'avez sans doute pas idée à quel point votre première photo est significative.

Harry potter, best-seller mondial (chiffres jamais atteint jusqu'alors), que toute jeune personne se doit d'avoir lu, est truffé de propagande pro-diversité, pro-métissage, anti-"facho", et qui associe tout ce qui n'est pas pro-mélange a des nazis.

Les méchants sont obsédés par le sang pur, les références à Hitler et au nazisme sont omniprésentes, quand les méchants s'emparent du pouvoir ils raflent les "sang de bourbe" (les gens qui ont le sang impurs), pourchassent les gens qui aident les "sang impurs" à se cacher du nouveau régime et les traîtres à leur sang.
Toute ressemblance avec une période de l'histoire dont on n'entend que trop peu parler (humour) n'est pas purement fortuite.

http://en.wikipedia.org/wiki/Politics_of_Harry_Potter

Modelage de jeunes cerveaux à grande échelle.

Voldemort (le méchant de l'histoire) = Hitler, de l'aveu même de l'auteur.

Sur la pancarte de la petite fille : voldemort = Hitler = Le pen = preuve que l'imprégnation mentale fonctionne.

Gabriel 20 août 2009 10:29  

Ah, on avait faillit attendre !

Bon billet, mais j'aurai un point de désaccord : je pense que la focalisation sur l'Islam est une erreur. Les musulmans ne seront pas majoritaires en Occident, car ils sont en voie de "modernisation démographique". Par contre, les africains, eux, sont bien partis pour arriver pendant encore un bon moment...

Criticus 20 août 2009 11:27  

Tiens, moi aussi j'ai manifesté fin avril-début mai 2002... J'ai même pleuré le soir du 21 avril.Passons.

Concernant le Québec : certes, il y a les accomodements raisonnables.

Certes, la dénatalité des Québécois est telle que, non seulement la civilisation occidentale est en danger dans la Belle Province, mais tout bonnement la langue française.

Mais l'immigration au Québec est beaucoup plus diversifiée qu'en France,et beaucoup moins nombreuse.

La situation y est donc bien moins grave. Peut-être y a-t-il 15 ans de répit, comme le dit votre ami, mais ces 15 ans sont sans doute le temps qu'il va falloir pour que s'amorce ce que j'ai appelé en avril dernier la Renovatio Occidentalis...

Il peut donc être judicieux, comme le général de Gaulle en juin 1940, de fuir, non pas à Londres où la situation est pire qu'en France, en dépit de la meilleure situation de l'emploi et d'un urbanisme humain (ce qui invalide de fait les thèses des immigrationnistes sur le défaut d'intégration), mais en Amérique du Nord, avant de songer à toute reconquête du continent. Le Québec, pour un Français, est une ainsi une destination naturelle. J'avais envisagé d'y retourner (j'y ai séjourné un an), il y a deux ans, et je suis finalement « monté » à Paris. Mais je n'exclus pas d'y repartir. Mieux : je l'envisage...

Par ailleurs, bien d'accord pour dire que l'islamisation est un symptôme, et non la cause de la décadence occidentale. Je me défie des « islamophobes » qui voudraient arrêter Al-Qaeda avec les chars de la Gay Pride. Si nous ne faisons plus d'enfants, si nous nous effaçons, c'est parce que nous sommes décadents. Nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes, ou plutôt à ceux qui nous ont conduits ici. Je m'inquiète comme vous de l'islamisation de l'Europe, mais je ne vais pas pleurer (cette fois-ci) que les Wolton et consorts se prennent le réel en plein dans la gueule, et même physiquement, comme les manifestants anti-CPE dont parlaient Xyr et Loïc Lorent. Je ne plains pas davantage l'agressé du Noctilyen, au vu de son interview dans Le Figaro. Sauver l'Occident, oui, mais pas sauver ceux des Occidentaux qui l'ont mené à sa perte. Sauver l'Occident avec les derniers vrais Occidentaux. Une nouvelle arche de Noë, en somme...

N'oublions pas pour autant, pour reprendre Renaud Camus, que le nombre ne fait pas tout. Si c'est pour faire à la chaîne du Kevin déculturé, je ne suis pas partisan d'une résurgence démographique...

En ces temps thermopyliens, c'est la qualité qui compte, avant tout.

Les Chinois l'ont bien compris, qui concentrent à présent leurs ressources sur peu d'enfants, et préparent donc une génération dont le rôle ne se bornera pas à faire des pochettes plastique pour les Occidentaux. C'est la Chine qui sortira vainqueur du XXIe siècle, non des pays arriérés qui font des gosses sous-éduqués à la commande.

Skandal 20 août 2009 12:00  

Excellent billet, avec votre permission je vais le linker de mon blog....

Au fait : le soir du 21 Avril j'ai hurler de joie de voir la tête déconfite des "gensdegôche". Quel belle claque dans la gueule des politiciens qui n'ont visiblement pas appris la leçon.

Le manifestations qui s'en suivirent, ces groupes de "djeuns" au cerveau édulcoré par TF1 et l'éducation nationale, ressemblèrent plus à un déni de démocratie (voir même à la marche des chemises brunes sur Rome) qu'a l'expression d'une sois-disante "conscience" républicaine...

Bravo Hank pour votre style, on sent une recherche et une réflexion dont peu de blogueur peuvent se vanter.

Eto 20 août 2009 15:43  

Merci pour ce texte.

Je ne sais pas si les blogs réac' sont utiles face au "flot de l'actualité". Mais ils ont le mérite de rompre un peu l'isolement pour de nombreux lecteurs.

Seul bémol pour mes yeux: la typographie n'est pas suffisamment contrastée.

Ratte 20 août 2009 16:15  

Merci d'être là, en effet, quoique je dois dire que c'est la raison principale qui m'ont longtemps dissuadée d'ouvrir mon propre blog.

Ceci dit, je ne comprend pas très bien les comparaisons entre ce blog et celui de Xyr. Tout ce que j'ai lu de lui était médiocre, quand ce n'était pas carrément à côté de la plaque (par rapport à la mienne, de plaque, bien sûr).

Pour en revenir à nos passionantes petites vies, j'étais aussi en train de marcher comme une idiote pendant ces manifs. Même si je me sentais diffusèment mal à l'aise parce que je savais bien que je n'étais pas du tout une enfant d'immigrés, même pas de 3e génération. Au fond de moi, peut être que je sentais bien le mensonge. Ou alors c'est "wishful thinking", comme vous dites, qui me fait croire ça. Peu importe maintenant.

neoarchean 20 août 2009 16:41  

Je viens d'en profiter pour lire ce rapport Obin :
LES SIGNES ET MANIFESTATIONS D’APPARTENANCE RELIGIEUSE DANS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES
Rapport à monsieur le ministre de l’éducation Nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Juin 2004
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf

C'est proprement édifiant, non pas par ce qui est rapporté, dont je me doute depuis longtemps, mais par le fait que ce soit un rapport du ministère de l'éducation nationale qui les précisent. Le ton du texte est étonnant pour un rapport officiel, on sent un défaitisme au coin de chaque phrase, la constatation d'une situation inextricable...

Beau billet Hank sinon!

Georges 20 août 2009 17:22  

Oui, bravo encore une fois. Je suis comme Marie-Thérèse, j'attends avec impatience le prochain.

Constant 20 août 2009 17:36  

Hé bien, grosse livraison, et du premier choix.

Yann 20 août 2009 21:19  

La Réaction est notre Dieu et Hank son prophète !

Merci, il n'y a que Hank sur cette rive réactive pour arriver à me faire lire un tel pavé, et avec bonheur.

Mademoiselle Bouchard : Il m'est impossible de laisser un message dans votre espace que j'ai découvert par les soins du Grand Charles, essayez de faire quelque chose.

Anonyme 20 août 2009 22:56  

superbe!

Hank 21 août 2009 01:34  

@Tous : merci.

@Jean-Pierre : je n'ai pas tellement envie que mon "style" ressemble à celui d'un autre, maaaais bon.

@Marie-T : ça fait quoi, le côté obscur ?

@Harry : c'est fort possible.

@Gabriel et Criticus : ce que je dis dans ce billet, peut-être un peu faiblement, c'est précisément ce que vous avancez là : l'islam ne fait que nous tendre un miroir. C'est le sens du texte de Lévy-Strauss.

Je parle d'islam parce que c'est ça que nous avons. Si nous avions autre chose, je parlerais d'autre chose.

Il n'y a pas d'islamophobie là-dedans, pas de racisme. Ça n'est pas la question. Ça ne m'intéresse pas. Ce sont des mots qui ne m'intéressent pas ici. Ni dans un sens, ni dans l'autre.

Les demeurés qui peignent des croix gammées sur les mosquées sont des ânes. Les musulmans qui pogromment des chrétiens aussi, sans doute. Mais ce n'est pas d'eux dont je parle ici. Je ne fais pas l'inventaire des crimes islamiques.

En revanche, je parle de la Woltonisation des esprits. La métamorphose de tout un peuple en carpettes amorphes incapables de comprendre que la planète entière n'est pas convertie à la religion des droits de l'homme, de la tolérance et du bonheur universel.

Sinon, Criticus : le combat démographique, quand tout le monde doit faire 10 gosses, avec un état qui fout des flics partout, franchement, ça n'est pas mon idéal de société.

@Skandal : faites, faites. Et déni de démocratie, certainement. On me l'avait dit à l'époque, j'avais été incapable de seulement l'entendre.

@Neo : un choc, le rapport Obin.

@Yann : arrêtez de vous payer ma tête, salaud !

Yann 21 août 2009 02:04  

C'est vrai que j'exagère sous le coup d'un enthousiasme toujours renouvelé à la lecture de chaque nouveau billet. A la vérité, Fromage + est lui aussi capable de m'entrainer ainsi dans le flot de son verbe.

Je crois qu'on peut se tutoyer à présent.

Sébastien 21 août 2009 07:52  

J'aime bien le dernier jeu de mots à la mode chez les réacs : Allahicité. Tout est dit.

Bon billet, Hank.

Porc Sain 21 août 2009 19:40  

Je suis toujours étonné de rencontrer des personnes qui, le fameux 21 avril, était du côté du Bien, et qui aujourd'hui se retrouvent su côté du Mal.

Je n'ai pas encore 25 ans, et je dois avouer que dès l'âge de 12 ans, je ne me faisais plus aucunes illusions... tout m'étais déjà évident en fait... j'aimerais savoir quel a été l'élément perturbateur dans votre vie de d'ex bisounours, cela éclairerait ma lanterne...

Sinon, c'est là l'un des meilleurs billets de la réacosphère que j'ai lu, à peu près tout y est. Je cours de ce pas le faire tourner partout! Nombreux sont ceux qui sont passé du Côté Obscur grâce à moins que ça! (D'ailleurs j'aimerais bien savoir aussi combien parmi ceux qui ont manifesté en 2002 sont parmi nous aujourd'hui ^^! Nombreux certainement, et c'est bien la raison pour laquelle je refuse d'insulter les Français lobotomisés sachant qu'à tout moment ils peuvent se réveiller)

la crevette 22 août 2009 11:43  

Très bon texte, lu trop vite, je le relirais plus lentement.

Conclusion que je retiens :

"Putain, je vais faire quinze gosses et leur apprendre le free-fight."

"En premier lieu, je crois qu'il faut se forger une solide culture."
(...)
Ensuite il faut transmettre. Pas seulement à ses enfants. À tous ceux qui voudront. Penser la continuité. Songer au renouveau. Penser à apporter sa pierre, modestement. Et pour ceux que ça tente, prendre un abonnement dans un club de tir. On ne sait jamais. Parait que ça détend."

Le mot "modestement" est à virer. C'est réducteur et un peu mesquin. Apporter votre pierre et imposez là franco sans fausse honte.

Didier Goux 22 août 2009 15:27  

Je fais comme les autres, je dis bravo !

Original et percutant, non ?

Pascal Labeuche 22 août 2009 17:30  

Nous sommes minables, oui.
Parce que nous nous détestons, tout simplement.
Nous ne détestons pas ce que nous sommes devenus, pas du tout : nous détestons ce qui faisait notre identité, ces siècles d'Histoire et de guerres, de victoires et de défaites, de hontes et de gloires, d'injustices et dde grandeurs.
Nous ne voulons plus, surtout plus, être des guerriers. Plutôt assassinés que conquérants, plutôt humiliés que dominateurs, plutôt anéantis que triomphants.
Le tout sous couvert de tolérance, mais ce n'est qu'une vaste foutaise, et au fond personne n'y croit : on ne veut plus exister, mais on ne veut pas non plus trop souffrir dans notre agonie, alors pour inciter nos Maîtres à la mansuétude envers nous, on leur dit "Tolérance" : allez, les mecs, on est super sympas, alors faites ce que vous voulez, mais ne nous faites pas trop mal.

hoplite 22 août 2009 18:43  

que des bonnes lectures et des constats corrects.
parfois je me dis qu'il serait bien plus facile d'être festif et inculte (pléonasme)...
leprix de la lucidité, sans doute.
kip running!

Martin 23 août 2009 01:29  

C'est bien, c'est bien.

Pour ma part j'étais déjà un vieux con en 2002, mais ce qui est amusant c'est que même au collège (c'était dans les années 80, celles de "Touche pas mon pote") je savais que tout cela n'était que mensonges.

Je l'avais d'ailleurs dit à un connard d'arabe plus âgé de deuex ans que moi, plus grand de trois têtes et plus costaud d'une trentaine de kilos. Ce fut mon premier vol au-dessus de tables. Mais je fut bien heureux de voir qu'ainsi, il démontrait que j'avais entièrement raison.

À la Libération je serai au nombre des plus sadiques membres des tribunaux d'épuration. J'ai déjà des noms.

Robert Marchenoir 23 août 2009 19:57  

"Vous êtes nés pour les allocations" : depuis un certain temps, je me dis qu'il s'agit là de l'une des causes fondamentales -- et jamais évoquées -- du "malaise des 'jeunes' ".

Ce père-là l'a dit à ses enfants. Mais même quand ce n'est pas dit, comment voulez-vous que cela ne leur saute pas aux yeux, même de façon inconsciente ?

Y a-t-il révélation plus insupportable ? Comment voulez-vous ne pas devenir fou après cela ? Comment voulez-vous ne pas en vouloir à mort à la République qui fournit les allocations en question ? Qu'est-ce qui vous reste à perdre, après avoir compris cela ?

L'islam n'explique pas tout.

cherea 24 août 2009 15:33  

Très bon texte qui reprend les piques et polémiques de l'été, avec évidemment la question de l'Islam, de l'anti-racisme...Assez générique sur le fond. Je retrouve les avancées intellectuelles de feu Muray... je viens de relire Festivus festivus, toujours éclairant...

Je donne donc mon blog, c'est un peu grâce à vous que j'ai décidé de publier...donc voici mon blog

http://cherea.wordpress.com/

Cordialement,

paul 24 août 2009 20:00  

j'ai craqué à mi-article, et je le regrette, c'était intéressant, mais la typo bleu clair sur bleu ciel ... Non, je peux pas !

Hank 24 août 2009 20:21  

C'est gris foncé sur gris clair/blanc. :-/

Georges 25 août 2009 08:01  

Cher Hank, je me pose la question depuis un moment déjà : pourquoi ce pseudonyme, justement ? Si je ne suis pas indiscret.

« À la Libération je serai au nombre des plus sadiques membres des tribunaux d'épuration. J'ai déjà des noms. »

Ça promet…

Hank 25 août 2009 12:18  

"pourquoi ce pseudonyme, justement ?"

Bukowski !

"Ça promet…"

Pas mieux.

Chine à ski 25 août 2009 16:10  

"À la Libération je serai au nombre des plus sadiques membres des tribunaux d'épuration. J'ai déjà des noms."

Indécrottable optimisme...

"Je retrouve les avancées intellectuelles de feu Muray"

Rien à voir avec Muray. Festiv' Tank envoie des obus de réels, des réalités de premier ordre dirons-nous.

Merci à vous.

Tardiflu 26 août 2009 17:30  

Je me joins au concert de louanges pour cette synthèse percutante.

Hade Vensen 28 août 2009 21:18  

Voilà un article roboratif, pas besoin de lire fdesouche ou Renaud Camus avec vous.

Ah, j'ai aussi manifesté contre Le Pen en 2002... pour voter Le Pen, le 5 mai!

L'épisode du dialogue avec le type du lycée professionnel est émouvant, cela ressemble à un discours d'ancien combattant avec une scolarité au Lycée Renoir de Bondy comme Chemin des Dames... On écraserait presque une larme!

Je suis d'accord avec Gabriel pour dire que l'Occident influence également le monde islamique, c'est tout le sens de la phrase de Muray "Nous gagnerons car nous sommes les plus morts".

Le Moderne est plus fort que tout, il annihile tout, que serait le monde islamique sans les chaines du groupe MTV, les soap-opéra, Dr House et Grey's Anatomy, les Nike vintage? Le prêches sur Al-Arabiya seront toujours moins forts que Victor Newmann et 50 cent.

En ce moment c'est Ramadan et les gars qui trainent en bas des tours près de chez moi en ont rien à cirer (en particulier les noirs, ceci explique le fiasco de la fatwa de l'UOIF en 2005 lors des émeutes).

Sur l'ethnocide, il faut regarder de plus prêt les statistiques françaises et mondiales, si la fécondité des primo-arrivants est clairement haute, elle tend à baisser chez les "2e et 3e générations" (2 à 3 enfants en moyenne) et le département du Maine et Loire est le plus fécond derrière la Seine St Denis. Les "français" peuvent avoir une descendance de colon israélien ce qui sera le cas avec la paupérisation généralisée des classes moyennes blanches.

Enfin, au-regard de la géoéconomie mondiale l'Islam ne pèse rien, l'Arabie Saoudite va perdre ses petrodollars et ne financera plus la wahabisme international...

Qui détient la dette des pays occidentaux? Qui exploite l'Afrique (Maghreb et Sub-Saharienne) sans le sanglot de l'homme blanc?

Les pays de confession musulmane ne pèsent pas grand chose en termes économiques, si ce n'est le nouveau marché de consommateurs dans les pays d'europe (pas grand chose à l'échelle du globe... allo? comment les marques hallal de supermarché appartiendraient à un homme supposé juif?)

C'est bien sur fdesouche et la réacosphère vous ne cessez de dire "ce n'est qu'un début", "c'est le début de la catastrophe", "la guerre ethnique totale a commencé"... Et après? Je veux dire après le dernier homme Nietzschéen, la racaille, les barbus, la burqua et la guerre totale?

Pierre Robes-Roule 28 août 2009 21:35  

Le texte entre Julien Freud et Pierre Bérard a fait son effet aussi sur vous ....

Hank 29 août 2009 03:56  

@Hade Vensen :

"Je suis d'accord avec Gabriel pour dire que l'Occident influence également le monde islamique, c'est tout le sens de la phrase de Muray "Nous gagnerons car nous sommes les plus morts".

Le Moderne est plus fort que tout, il annihile tout, que serait le monde islamique sans les chaines du groupe MTV, les soap-opéra, Dr House et Grey's Anatomy, les Nike vintage? Le prêches sur Al-Arabiya seront toujours moins forts que Victor Newmann et 50 cent."

Sauf que cette phrase, c'est Festivus qui la prononce. Pas Muray lui-même. C'est sans doute, d'ailleurs, la phrase la moins bien comprise de toute son œuvre, si je puis me permettre.

C'est Festivus qui prononce cette phrase, car c'est lui qui incarne cette fin de l'histoire que Muray théorise mais à laquelle il ne croit pas dans l'absolu. Muray n'a jamais prétendu que l'histoire allait s'arrêter pour de bon. Et cela il le dit lui-même, si mes souvenirs sont bons, lorsque Elizabeth Lévy lui fait remarquer que ses lecteurs ne comprennent pas sa théorie de la fin de l'histoire, puisque chaque jour apporte son lot de nouveautés.

Ce que Muray décrit, moque, ou parodie, c'est le sentiment de fin de l'histoire qui habite le moderne convaincu, justement, que MTV et Nike vaincront le système de pensée islamique (pour ne citer que celui qui nous préoccupe ici), sous prétexte que Nike, le RAP US et les droits de l'homme sont partout. Comme si c'était dans l'ordre des choses. Comme si c'était joué.

Le moderne est convaincu qu'il en ira ainsi car il est incapable de concevoir une autre voie en dehors de la sienne propre.

Cette phrase de Muray ne signifie pas qu'il pense que l'occident vaincra l'islam par la fête : elle reflète simplement les illusions et la naïveté du Festivus qui croit que son mode de vie va s'imposer partout.

Je postule, moi, que Muray savait pertinemment qu'en dépit de la diffusion massive de la culture de mort occidentale, les âmes multiséculaires de chaque peuple réapparaitraient rapidement si on grattait un peu le vernis moderniste/occidentaliste qui les recouvrait.

En termes clairs, je pense qu'un salafiste reste un salafiste même s'il porte des ray-ban et lit Emmanuel Todd. Ce n'est ni sa bagnole de luxe ni son portable dernier cri qui disent son état d'esprit, sa foi ou sa détermination. Fut-il partiellement abâtardi par la globalisation, c'est la façon dont il transmet l'essentiel de son héritage intellectuel, philosophique et culturel qui compte.

Je ne suis pas soralien, moi. Le français d'origine maghrébine qui serait plus américain que musulman sous prétexte qu'il écoute 50 Cents et kiffe les biatchs, je n'y crois pas des masses (disons, je n'y crois plus, je n'y ai pas cru longtemps).

Ou alors vous considérez que le patrimoine civilisationnel n'est rien. Que chaque homme est une coquille vide, sans passé.

Moi, je crois plutôt aux thèses de Claude Lévi-Strauss. Ou de Daryush Shayegan, le penseur iranien que j'ai déjà longuement cité dans un précédent billet.

Je crois que chaque homme hérite d'un vaste et complexe réseau d'habitudes, d'habitus, de postures, de réflexes, de structures mentales, de croyances, etc, et qu'il est par conséquent dangereusement idiot de se convaincre qu'untel n'est plus musulman parce qu'il porte une casquette Lacoste, qu'untel n'est plus japonais parce qu'il s'habille comme à Paris, ou qu'untel n'est plus russe parce qu'il est fan de mangas.

Pour le reste, le début de la catastrophe, la guerre civile et compagnie, je ne suis pas certain de bien comprendre où vous voulez en venir.

Hade Vensen 29 août 2009 12:10  

C'est fou que depuis la mort de Muray, certains se proclament les exégètes officiels de son œuvre. D'autant que pour moi, il n'a fait que mettre des mots sur une intuition que d'autres ont pu avoir... La théorie de la Fin de l'Histoire, d'Homo Festivus était déjà présente François Ricard, Michel Biron, François Taillandier (ce n'est pas un hasard s'il a inventé Homo Festivus dans la préface des "Nuits Racines") ou Benoit Duteurtre.

On a tendance également à oublier la dimension bouffonne de Muray (on le constate mieux dans ses romans), l'importance du Rire dans son œuvre semble avoir été oubliée par les chanoines-lecteurs en pleine componction.

Sur la phrase de Muray dans "Chers Djihadistes" Muray l'a dit lui-même dans Festivus festivus (p.161) "L'hypothèse qu'il existerait, face au monde sans contradiction dominant, une alternative (islamique, lépeniste) est une illusion totale". Il a tout de même cultivé une ambiguïté toute swiftienne dans les djihadistes pour savoir qui parle dans cet ouvrage.


Muray n'excluait pas quelques grains de sables dans son système qu'il qualifiait d'empirisme organisateur mais le fait est que le Moderne est le dernier totalitarisme.

Vous parlez de patrimoine civilisationnel... Il n'en est rien, la mondialisation a entrainé le nivellement des identités mais pas des cultures!

Le fait qu'un islamiste puisse amener des petites sœurs dans un parc d'attractions avant de se faire péter la tête témoigne bien du fait que la culture n'est plus rien, ce qui reste c'est du folklore, du grand guignol, du sur-mesure pour les marchands du temps de la foi, Dany Robert-Dufour le démontre dans chacun de ses ouvrages.

Le problème de la transmission est consubstantiel au Moderne et il ne frappe pas seulement l'Occident. Et si je ne m'abuse, le perse Shayegan a montré que l'occidentalisation traversait aussi les franges les plus dures de la tradition islamique.

Il ne faudrait pas faire passer Muray pour un membre du Cercle de l'Oratoire!

Vous essayez de chercher du sens dans ce monde en vous taillant un ennemi sur mesure, l'Islam, le métissage alors que le monde n'est plus désirable pour personne, ni pour les post-humains, ni pour les barbus car c'est bien la pulsion de mort qui nous guide tous, c'est le néant qui préside à nos destinées.

Pierre Robes-Roule 29 août 2009 13:44  

Hank, je vous aime bien.

Hank 29 août 2009 16:06  

@Hade Vensen :

"C'est fou que depuis la mort de Muray, certains se proclament les exégètes officiels de son œuvre."

Cette sentence peut se retourner contre vous aisément. Mais vous me l'envoyez légitimement au visage : veuillez m'excuser pour avoir écrit "la phrase la moins bien comprise de son œuvre". Je me corrige : la phrase qui déclenche toujours la plus belle polémique.

Cependant, je réitère ma remarque : je ne l'ai pas sous les yeux, mais dans "Festivus festivus", Muray dit clairement que la phrase qui nous occupe est prononcée par Festivus. Il s'étend même en long, en large et en travers sur cette question.

Vous pouvez considérer qu'il y a une ambiguïté, puisque c'est l'auteur qui met ces mots dans la bouche de sa marionnette optimiste, symbole du dernier homme, mais vous ne pouvez pas manquer de remarquer que c'est encore l'auteur qui, plus tard, revient sur ces mots pour mieux mettre en lumière la distance qui existe entre lui et son personnage.

De la même façon, et c'est d'ailleurs parfaitement cohérent, il précise, toujours dans "Festivus", que la guerre en Irak est une guerre absurde et barbare, mais que la France demeure, pour le meilleur et pour le pire, embarquée sur le même bateau que les USA et l'Angleterre. C'est un mauvais Capitaine, mais c'est notre Capitaine, dit-il au sujet de Bush (et de la nation qu'il dirige alors). Il me semble qu'à la lumière de ce passage, on comprend mieux "Chers djihadistes", ou du moins sa phrase de conclusion.

Vous me dites que Muray n'excluait pas "quelques grains de sable", comme si le système qu'il avait bâti était inattaquable en dehors de la présence de ces quelques grains. Comme si sa thèse sur la fin de l'histoire (vous citez Taillandier et d'autres, pourquoi ne pas évoquer ici Hegel, Kojève ou même Steiner ?) était une thèse achevée, close, conclusive, en un mot : figée.

Vous en concluez donc que la planète entière est destinée à se noyer dans la fête, et fermez le ban, n'en parlons plus.

Je me garderai bien de vous suivre là-dessus. Je pense que cette thèse est ouverte, qu'elle est une hypothèse à visiter, à ausculter, à retourner en tous sens. Il y a un dialogue à instaurer avec elle. Ou alors, autant enterrer l'auteur avec ses bouquins, et n'y pensons plus.

Je ne connais pas du tout Robert-Dufour, en revanche je connais un peu Shayegan, et j'émets un gros doute sur la conclusion que vous tirez de sa lecture.

S'il a effectivement fait remarquer que le mode de vie occidental a généré ce qu'il appelle un "monde-modernité", c'est à dire une globalisation du mode de vie occidental dû au développement planétaire de sa maîtrise de la technique, il n'en a pas pour autant conclu, à ma connaissance, que le salafiste de votre parc d'attraction n'est pas salafiste sous prétexte que l'avènement de ce "monde-modernité" lui pose conjoncturellement la question de la transmission.

À mon sens, Shayegan montre clairement de la technicité moderne peut fort bien servir aux non-occidentaux à fustiger copieusement l'occident. Ou à le concurrencer économiquement. Voire à le surpasser, car le fait de partager partiellement la même technique n'empêche pas de vouloir s'imposer politiquement et/ou idéologiquement. Ou alors les émirs saoudiens sont de vulgaires incroyants.

Shayegan parle de chevauchements du sens conflictuels, de mélanges détonants aux marges, mais pas de reniements massifs, d'égalisation mathématique ou de nivellement intégral.

Quand il évoque la fracture identitaire à laquelle vous faites légitimement référence, il explique que chaque peuple tâche de trouver ses propres réponses, pas que tous les enracinements vont disparaitre subitement et que chaque humain va se mettre à aduler aveuglement Britney Spears.

Ou alors, je n'ai rien compris, ce qui est bien possible, mais tout de même.

(suite...)

Hank 29 août 2009 16:07  

(suite...)

"Vous essayez de chercher du sens dans ce monde en vous taillant un ennemi sur mesure, l'Islam, le métissage alors que le monde n'est plus désirable pour personne, ni pour les post-humains, ni pour les barbus car c'est bien la pulsion de mort qui nous guide tous, c'est le néant qui préside à nos destinées."

Non. Je tâche de montrer que l'islam - nous pourrions avoir autre chose que l'islam, mais c'est ce que nous avons - tend un miroir aux occidentaux. C'est ce que je dis ici : c'est nous qui sommes minables. C'est à nous de nous remettre en cause, et c'est ce que je fais ici. C'est ce que nous faisons depuis toujours. Décentrer le jugement, trouver une autre route, chercher en nous-mêmes les armes de notre "renaissance". J'essayerai de développer cela dans un prochain billet.

Quant au métissage, ma foi, il me semblait que j'étais plutôt clair : c'est le traitement médiatique autour de cette question qui me fascine. Et l'emprise qu'a ce discours sur les esprits (le mien compris). La réécriture de l'histoire. Le déni de réel. La propagande soft. Etc. Le métissage en tant que tel, que voulez-vous que ça me foute ? C'est l'idéologie métissolâtre qui m'intéresse ici.

Si le monde d'aujourd'hui n'est plus désirable ni pour les post-humains, ni pour les barbus, ce que j'accepte fort bien d'entendre dans l'absolu, vous ne me ferez cependant pas croire que c'est pour les mêmes raisons. Ni que les uns ou les autres seront poussés à réagir de manière identique. Ni que les uns et les autres seront poussés à désirer un modèle identique, fût-il différent de l'actuel.

Je croirai encore moins qu'une union entre barbus et post-humains serait souhaitable, sous prétexte que "la mondialisation a entrainé le nivellement des identités, pas des cultures".

Précisément parce que ce "monde-modernité", ce sont les occidentaux qui l'ont généré. C'est à eux de lui survivre. À l'aide de leurs propres ressources.

Hade Vensen 30 août 2009 13:34  

Nous n'avons pas la même interprétation de Shayegan.

Dans ce cas précis ce que vous dites est plus proche d'un Régis Debray qui affirme que nous habitons une langue mais que nous nous servons d'un Mac, en d'autres termes, que le one world techno économique s'oppose à la multiplicité des mondes culturels comme le planétaire au vernaculaire.

Pour Muray, en aucun je m'érige en interprète, je n'ai fait que le citer dans le texte... Sur la fin de l'Histoire, j'ai volontairement cité son entourage, son bloomsbury car ces idées sont apparues dans un même mouvement littéraire (et non philosophique) au sein de l'Atelier du Roman et le milieu littéraire québécois (qui donneront plus tard la revue l'Inconvenient).

Quant à ce que l'on appelle "l'Islam", je suis d'accord avec vous pour dire qu'il nous tend un miroir... et dans une perspective schmittienne les excités de la barbe ont besoin de "l'occident" pour vendre leurs solutions simplistes. Muray n'affirmait-il pas que les Djihadistes étaient une réaction à une forme d'occidentisme (ce sont ses mots)?

A propos du métissage (que Levi-Strauss abhorre), je suis d'accord pour dire que c'est bien un mot d'ordre, une coquille vide. D'ailleurs comment peut-on exalter le métissage en promouvant la diversité? Mais, je n'irai pas jusqu'à affirmer que le métis est l'Ubermensch du XXIe siècle.

Mutatis mutandis, que pouvons-nous faire pour ce vieil occident? Narcissisme généralisé, effacement progressif du tabou fondamental de l'inceste (Muray ou Melman l'ont pressenti),l'homme moderne, libéré des superstitions du passé, en arrive à douter de sa propre existence.

Malgré la propagande soft que nous vivons, le monde ne semble plus vraiment désirable pour nos concitoyens, peut-être est-ce le produit de la désalienation totale de ces trente dernières années.

La "réacosphère" propose un diagnostic, ricane de la rumeur moderne du monde (RMM), annonce la guerre ethnique mais ne propose aucun projet de société (si ce n'est un risible narcissisme de clocher avec la Desouchière... les expériences blanquistes n'auraient donc pas servi), les réacs auraient parfois intérêt à allier au pessimisme de l'intelligence, l'optimisme de la volonté.

Je suivrai avec attention vos solutions.

Anonyme 31 août 2009 03:06  

Bonsoir,
il me semble que le projet qui pourrait valoir pour l'Occident serait celui amorcé par Platon, poursuivi d'une certaine façon par les scolastiques puis par l'Encyclopédie : la recherche de la vérité. Cela par la mise en débat des différentes religions, chapelles, écoles de pensée, etc. Il faudrait viser à une sorte d'agora planétaire, de grand débat philosophico-scientifique, méthodique, concernant chaque grand pan du savoir.
J'aimerais - dans cette utopie babélienne - voir se rencontrer et argumenter des Docteurs des différentes Eglises, bouddhistes, athées, psys, musulmans, catholiques, sur les éternelles questions : le sens de la vie, l'origine de l'univers, l'existence et la personnalité (!) de Dieu, etc.
En gros, le nihilisme dont on parle sur ce fil est considéré semble-t-il comme l'alpha et l'oméga ; on le trouve en fin de parcours car on l'a placé dès l'origine, comme mot ultime de toute recherche.
Comme si la notion même de vérité (conflictuelle et à débattre) était vide.
Dans un monde sans recherche de vérité, il n'y a plus que des rapports de force (cf. Eric Weil).
Emmanuel

Anonyme 31 août 2009 04:28  

Pour compléter le précédent message, un petit lien : "Quel projet de civilisation pour l'Europe?"
Cela n'a pas grand chose à voir avec la réacosphère, mais plus avec l'idée que quelque chose est peut-être, possible :
http://tolerance.kiosq.info/spip.php?article47

Hade Vensen 31 août 2009 15:21  

@ Emmanuel

Merci pour le lien. C'est fou, le terme de politique de civilisation revient à la mode...

Pour votre projet platonicien, on peut dire que vous vous situez en antagonisme avec celui de Michel Onfray.

Votre proposition me fait penser au symposium d'Assise en plus grand, mélangé aux rencontres Fès.

Le nihilisme est de rigueur puisqu'Homo festivus est le dernier homme nietzschéen, l'homme sans qualités.

Anonyme 1 septembre 2009 04:28  

Bonjour Hade Vensen,
la question n'est sans doute pas de savoir ce que Nietzsche ou P. Muray pensent.
La question est de savoir ce que nous voulons, si nous voulons "créer quelque chose", ou simplement pleurer sur un monde en ruine et diagnostiquer sans fin...
La volonté a-t-elle un sens, ou sommes-nous livrés à des forces impersonnelles, qui écrivent l'Histoire à notre place?
Si on se place dans la première perspective, alors on peut faire quelque chose, à condition d'avoir un projet à défendre. Quel pourrait être ce projet?
Le lien que j'ai proposé me semble une esquisse intéressante.
Emmanuel

xyr 1 septembre 2009 16:21  

Ratte a dit :

"Ceci dit, je ne comprend pas très bien les comparaisons entre ce blog et celui de Xyr. Tout ce que j'ai lu de lui était médiocre, quand ce n'était pas carrément à côté de la plaque (par rapport à la mienne, de plaque, bien sûr)."

Hank était un des contributeurs principaux de mes anciens blogs avant d'ouvrir le sien, idem pour Vertumne, j'avais moi-même écrit un article autobiographique où je racontais que j'avais défilé contre Le Pen le 21 avril 2002, et Hank avait commenté en disant qu'il se reconnaissait dans mon parcours...

J'ai écrit beaucoup des choses qu'il écrit maintenant, avec beaucoup de talent, il y a des mois voire années. Même chose lorsqu'il écrivit récemment "Grand-père nous comprend plus que papa", ce qui est presque identique à un passage d'un vieux billet à moi "My generation". J'ai juste décidé de ne pas répéter toujours la même chose, de chercher à voir ailleurs, dans les sujets comme dans le style, simplement il faudrait connaître ce que j'ai écrit avant d'en parler Ratte.

Bref le sujet de cet article n'est pas moi, je n'ai pas encore lu tout en article Hank mais ça a l'air très bon comme souvent, bien qu'un peu long mais je reconnais que mon amour de la synthèse est discutable.

Dans tous les cas tu fais du bon boulot pour les nouveaux venus, même s'ils ne savent pas toujours de quoi ils parlent.

Hank 1 septembre 2009 17:14  

@Xyr : je confirme, bien que ça ne soit pas nécessaire.

De fait, ce que vous écrivez s'adresse davantage à des esprits déjà sensibilisés à ces différents thèmes. Des esprits ayant déjà fait un bout de chemin en dehors des sentiers battus. Des gens qui ne bondissent pas de rage à l'évocation de thématiques disons "identitaires" (le champ est très, très vaste, bien sûr : le Psaume23 chanté par Yann Darc est déjà identitaire, d'une certaine façon).

Pour ma part j'essaye plutôt d'articuler une espèce de synthèse didactique mais ouverte autour de questions de fond ou d'actualité de façon à me rendre lisible pour des gens non-familiarisés avec les thématiques sus-décrites (ne serait-ce que parce que je suis lu par des proches qui attendent que je développe de manière un tant soit peu rigoureuse avant de me traiter de nazi, pour la faire courte).

Sur Ilys, par exemple, vous procédez de manière inverse : quatre paragraphes lapidaires peuvent suffire, mais ils sont emplis d'un sens que l'on ne peut percevoir que si l'on a fait l'effort d'explorer les archives du site, ou si l'on dispose déjà d'un parcours intellectuel conséquent. C'est donc un site difficile d'accès.

Je pense que mon blog, à contrario, peut être lu sans difficulté. Il n'en sera peut-être pas toujours ainsi, mais pour le moment...

xyr 1 septembre 2009 19:31  

Absolument d'accord avec tout ça Hank. A un bémol près : c'est Daniel Darc et non Yann.

xyr 2 septembre 2009 13:03  

J'ai enfin lu le billet en entier. Et bien, c'est long ! Mais j'aime bien. Surtout ce passage :

"le monde n'est pas fait d'individus pouvant vivre ensemble dans la plus horizontale des égalités, mais bien de groupes d'hommes tendant à prendre le pas sur les autres groupes au sein de rapports de forces"

=)

Hank 2 septembre 2009 13:52  

Je l'aurais parié !

Marcel Meyer 2 septembre 2009 16:38  

Passionnant, comme souvent. J'ai été très intéressé, notamment, par les passages sur la langue mais ils mériteraient une réflexion plus approfondie. Didier Goux, aiguillonné par la lecture de l'ouvrage de Jacques Dewitte Le pouvoir de la langue et la liberté de l'esprit, que je vous recommande chaudement, a récemment amorcé une réflexion pratique en décidant qu'il n'emploierait plus "les mots de l'ennemi".

A ce propos, j'aime bien votre emploi du mot "dénégateurs", meilleur à mon sens que "dénégationnistes" et qui a l'avantage d'exister en français.

En revanche — c'est un détail mais puisqu'on est sur ce terrain... — il me semble que le mot "aristocratie" ne convient pas du tout pour qualifier ce que vous appelez une « aristocratie médiatique aux indignations calibrées par la bêtise, l'inculture, la lâcheté, le déni de réel et, souvent, la haine de soi ». Mieux vaut parler d'oligarchie. Nous sommes dirigés par une oligarchie faite de journalistes, de présentateurs de télévision, d'acteurs de cinéma, de chanteurs de rock, de politicards et de boursicoteurs tellement minables, déculturés et vulgaires qu'il faudrait à leur propos parler de cacocrates plutôt que d'aristocrates.

Robert Marchenoir 2 septembre 2009 18:05  

"Cacocrate" : je note.

Un Fan 12 septembre 2009 22:14  

Et c'est pas tout; il revient quand le p'tit ch'val blanc?

Pensée 17 septembre 2009 14:13  

Bonjour Hank


Bel article et belle analyse, pas très encourageant ce qu'à pu dire ton ami (ils sont irrécupérables, haine du blanc...). erf on se demande comment ça va se finir tout ça.

Je vous ai ajouté à mes blogs favoris, possibilité que vous fassiez de même ?

http://contrelapenseedominante.wordpress.com/


Bonne journée

hoplite 25 septembre 2009 20:00  

hank, tu dors?

Hank 25 septembre 2009 22:20  

Non. Je ferai un papier un d'ces quatre.

Brisby, la souris 5 octobre 2009 03:06  

Hank, vous nous manquez. D'où mon amie Clarissa va t-elle tirer son inspiration à présent ?

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